Papa

Mon père est mort le 26 avril dernier (sans doute la veille, en fait), installé en PLS dans sa cabine de douche, et sans rictus de souffrance sur le visage, selon ma sœur, qui l’a trouvé. Il a sans doute cru (parmi une demi-douzaine d’autres, c’est la théorie de ma mère, et je la choisis car non seulement elle est très crédible mais en plus elle est apaisante pour l’esprit) qu’il allait faire une seconde crise d’épilepsie après la première subie en octobre, et se sera installé en position latérale de sécurité pour ne pas se faire mal, après avoir posé son bol de café et ses lunettes sur le bord du lavabo. Puis il a succombé à une hémorragie cérébrale.

Tout a changé. Je vais continuer cette maison, bien sûr, je ne sais pas jusqu’à quand, son tout petit prix d’achat me permet de la revendre à n’importe quelle étape de la rénovation sans perdre d’argent. Je n’ai pas les idées assez claires à son sujet. Je vais demander des devis pour le remplacement de toutes les menuiseries extérieures, car il était illusoire de penser que je pourrais les faire seul en moins de cinq ans avec tout le boulot que la vie m’impose par ailleurs. Je vais aussi demander des devis et/ou contacter des artisans sur place pour s’occuper des deux petites chapes à réaliser, et du placo. Je pense que je ne m’occuperai vraiment seul que de la plomberie et de l’électricité. C’est déjà pas mal.

Pour l’instant, mon père me manque terriblement et je suis en état de sidération : je fais tout ce qu’il y a à faire, et il y a beaucoup de démarches à faire après le décès de son père, mais dès que je me retrouve seul, je dors et je regarde des vidéos sur YouTube, en gros. Je me laisse quelques semaines de repos (tout relatif : je continue à bosser pour ma pitance) avant de repartir de l’avant.

Je pense que je redescendrai dans les Corbières fin juin. J’y serai en tout cas une partie du mois de juillet et du mois d’août (aller-retour obligatoire à Chartres le 23 juillet pour une épreuve d’effort de routine).

Dites à vos parents que vous les aimez – et ce que vous leur devez – si ce n’est pas déjà fait. J’ai eu la chance que mon père se délivre de lourds fardeaux avant de partir. C’était en novembre dernier. Comme s’il savait qu’il était au bout du rouleau. J’ai 50 ans et je comprends depuis très peu de temps pourquoi tant de choses ont eu lieu qui m’ont tant compliqué la vie, et que j’attribuais à de la malchance (composante génétique de la dépression, loterie de l’ADN, tout ça). Papa, tu m’as donné la clé. Et puis tu es parti.

Bref. À moi de me démerder avec cette perte, maintenant.

À bientôt les amis.

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