C’est simple : à 48 ans, je suis redevenu propriétaire pour la seconde fois de ma vie. C’était loin d’être gagné. La fois précédente, c’était il y a plus de vingt-deux ans, au tout début du troisième millénaire ; j’étais jeune, un peu con et je bossais dans ce qu’on appelait la net-économie. Quelques déflagrations boursières et familiales plus tard, je revendais mon appartement parisien pour payer de grosses dettes et j’en profitais quand même, avec ce qui me restait de fric, pour monter un bar, que je revendais à son tour six ans plus tard. Autres dettes alors payées, puis mariage rapidement foireux, divorce logique et redémarrage à zéro : le coup classique.
Depuis lors, ça fait dix ans, je bosse de façon sédentaire, je m’encroûte, je grossis, je perds du poids que je regagne aussitôt. (Tu le sens, mon gros cercle vicieux ?) Résultat : je fais un AVC à 46 ans. J’arrête de fumer instantanément : fini cette habitude stupide prise en divorçant. Un vrai cliché de mid-life crisis, tout ça.
Des crises, on en sort comme on peut. Moi, j’en suis sorti au printemps dernier avec une idée assez radicale pour un type vissé à son PC depuis presque toujours. Et cette idée a fini par se concrétiser. J’ai acheté pour une bouchée de pain une maison en ruine – osons se dire les choses, voulez-vous – dans une région que je connais peu mais dont je suis déjà tombé amoureux il y a plus de vingt ans et qui me refaisait les yeux doux depuis 2021 et mes premières visites à mon copain A., qui crèche pas loin, dans le Minervois.
Puisque c’est une ruine, il y a tout à refaire, sauf la toiture et la charpente : des chapes, tout le réseau de plomberie, tout le réseau électrique, du placo, de l’isolation thermique, des fenêtres… une cuisine, une salle de bain, des chambres équipées de salles d’eau elles aussi. En effet, mon objectif à moyen terme est d’en faire une maison pour moi mais aussi ma famille et les gens de passage qui souhaiteront s’y ressourcer : des chambres d’hôtes, en somme, où j’organiserai peut-être des ateliers d’écriture orientés traduction (ma spécialité, s’il faut en préciser une).
Mais on n’en est pas là. Premier objectif personnel : emménager là-bas dans un an, quand le rez-de-chaussée sera fini et que je pourrai y dormir, y travailler, y cuisiner et m’y laver. Il ne me restera alors plus que deux étages (six chambres) à faire. L’affaire de deux années supplémentaires ?
Ce blog servira de chronique de la rénovation de cette maison. Si ça vous plaît, tant mieux, et venez donc me voir, voire me filer un coup de main ! Vous serez bien reçu. Et/ou reçue.
Thomas, aka Toto Lachôme