Le mystère des sacs à gravats volants

Le « bisou » final est pour Claire,
si vous permettez.

À partir de jeudi matin, on n’a plus rien démoli, on a surtout rempli des sacs de gravats, à mi-hauteur pour ménager nos dos malades (un demi-sac pèse à vue de nez dans les 30-40 kilos ; un sac plein est impossible à soulever seul, par moi ou Alex en tout cas), dans l’optique de tout vider à la déchetterie avant de quitter la maison. On n’y sera pas totalement arrivés. Dans la vidéo ci-contre, l’état des lieux le 11 novembre en fin de matinée, alors qu’il ne nous restait plus un sac vide.

Il faut dire qu’après notre première escapade à la déchetterie de Laroque, le mercredi après-midi, on a eu la mauvaise surprise de découvrir au retour que nos sacs vides, réutilisables, s’étaient fait la malle. Avec l’histoire de la roue jockey narrée dans le texte précédent, sur les conseils de X. j’avais viré le matin même la porte de la caisse en alu greffée à l’avant de la remorque, dans l’optique de virer plus tard la caisse dans son entier pour alléger le tout de quelques kilos afin de me faciliter les manœuvres de levage de la remorque à la force de mes tremendous biceps. Manque de pot, il y a un jour au fond de la remorque, de bien 20 centimètres de haut, prévu je crois pour l’aération du groupe électrogène que renfermait cette caisse dans une vie précédente. Sans sa porte, la remorque n’est comme qui dirait plus « étanche » et… les sacs à gravats vides se sont envolés dans la nature. La honte. Par acquit de conscience on a fait la route en sens inverse, mais on n’a rien retrouvé. Le vent les emporta.

Les équidés me font un peu peur,
alors que ce sont des bestioles
fort gentilles. Ceux-là étaient
aussi curieux que nous. Je les
recroiserai certainement, on se
fera une bouffe.

Comme punition pour avoir été négligents et polluants, eh bien on n’avait plus de sacs dès le vendredi midi, et la déchetterie ne rouvrant que le samedi matin, la journée de boulot était donc terminée.

On a déjeuné au bar de X. et puis on est partis faire du tourisme. J’ai emmené mon Alex découvrir les sublimes gorges de Galamus, que j’aurais bien surnommée Galamust-see si j’avais eu 25 ans et si j’avais bossé dans la presse branchée. Sur le chemin, on a croisé quelques ânes sympathiques. Puis on s’est donné comme objectif suivant le Musée de préhistoire de Tautavel, Alex étant féru d’histoire naturelle et moi aussi d’une certaine manière, mais plus superficielle j’en ai peur. On a fait halte dans le bled viticole de Maury car une brusque envie de boire un coup et de manger une glace m’a saisi. On a trouvé le bar ad hoc, c’était presque inespéré en ce jour férié et généralement assez sinistre. J’ai commandé un Maury rancio et une glace rhum-raisins, le combo parfait. Alex a opté pour un vin blanc classique du cru, sans glace à côté. On était bien, Tintin, jusqu’à ce que derrière nous deux cas sociaux s’embrouillent verbalement assez violemment, l’un en casquette et vue basse de chasseur, l’autre attifé d’épouvantables dreadlocks de vieux rasta blanc très imbibé de gnôle. L’objet de l’engueulade, selon Alex, aurait été un comportement déplacé à l’encontre d’une jeune copine alcoolisée du chasseur (ou sa fille ?) de la part du jeune protégé apparemment handicapé mental (ou proche du coma éthylique) du rasta blanc décati. De l’entertainment, certes, mais un peu dark, disons.

Vue des Corbières au nord de Maury.

De là, on a grimpé vers le château de Quéribus. Mâtin ! quelle grimpette ! Château à flanc de falaise, très impressionnant, et auquel nulle photo au smartphone ne peut faire honneur. Il faudra venir voir ça en vrai.

Ensuite, on est arrivés à Tautavel, mais trop tard pour visiter le musée. Alex nous y a chopé un saucisson pour agrémenter les patates du soir. La nuit menaçait, et on voulait essayer de franchir le mont Tauch qui depuis la dégustation-conférence de l’intarissable vigneron d’altitude Guillaume Boussens me faisait les yeux doux. Naïfs que nous étions. En passant par Tuchan, et en se fiant à notre instinct, le mien en l’occurrence puisque j’étais au volant, on n’a réussi qu’à en faire le tour à mi-hauteur, de ce géant allongé du coin, ce « mont des Ifs » qui dégage une aura si mystique. Redescendant par Maisons puis Dernacueillette, on a justement croisé Guillaume en se perdant dans le village (« Vous vous êtes paumés ? »), avant de rentrer à Massac pour notre dernière nuit dans ce petit paradis.

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