Y a du bacula dans la casa

J’ai passé le week-end chez mes oncle et tante, dans leur belle maison d’Aulnay-de-Saintonge. On peut dire sans risquer grand-chose qu’il s’agit là de la partie la plus saine de ma famille, et même de la seule partie saine. Du coup (il paraît qu’il y a des gens qui n’ont jamais écrit une ligne mais que l’expression « du coup » agace : qu’ils aillent se faire cuire des pâtes au thon), j’ai passé un excellent moment. Et j’ai appris des tas de trucs sur ma maison, parce que mes oncle et tante sont des pros, eh oui. Ainsi, mon plancher vermoulu à faire tomber, et en quoi consistera ma prochaine mission, je sais maintenant que ce n’est pas un plancher, mais du bacula ! Je vous jure. Et j’ai compris grâce au dénommé Eiffel36 (merci, Gustave) qu’il allait falloir d’abord faire tomber le plâtre et l’évacuer avant de finir avec le lattis de bois, pour éviter de perdre du temps à trier les gravats. Une bonne chose d’apprise donc.

Mon oncle, qui m’avait demandé quel revêtement de sol j’envisageais pour ma salle de bain (réponse : aucune idée encore), m’a parlé du parquet sur chant et depuis je fantasme là-dessus, même si ceux qui me plaisent le plus semblent être des bois foncés qui viennent d’Asie. Pas super écolo. Il y a aussi le chêne foncé. Beaucoup trop tôt pour se poser concrètement cette question, mais ça stimule l’imagination d’imaginer une pièce finie, évidemment. À suivre.

Chose importante pour moi qui me suis quand même mis sur les bras une mission d’envergure qui m’angoisse un peu de temps en temps : mes oncle et tante « pros du pot » m’ont entièrement validé, comme on dit de nos jours, et ils ont confiance en moi. Mon oncle était là quand j’ai fait les travaux de mon bar, il sait que je ne suis pas plus maladroit qu’un autre et comme j’en doute parfois, son aval m’est précieux.

Il m’a aussi expliqué, au rayon menuiseries extérieures (fenêtres, quoi), ce qu’était un plumet. Comme il me surestime un peu, j’ai toujours un peu de mal à tout comprendre du premier coup car il va très vite et dessine des tas de schémas en coupe dans tous les sens, bref il me surestime, mais ça fait plaisir car je vois qu’il prend du plaisir aussi à transmettre ce qu’il sait et maîtrise. Après avoir effectué les inévitables recherches en ligne, j’ai fini par parfaitement comprendre la nature de cette chose qu’on appelle aussi « bande de redressement » et j’ai pu faire le malin au petit déjeuner du dimanche pour bien montrer que j’avais assimilé la leçon.

Au rayon infos pratiques et calendrier : je redescends pour la deuxième session de travaux, plus longue celle-ci, un gros mois au total. Au début, je serai avec Claire, mais il s’agira alors plutôt de faire un plan, de prendre des mesures, de repérer les endroits où faire passer plomberie et électricité vers les étages (à priori, je me servirai d’un conduit de cheminée, merci tonton pour cette évidence qui ne m’était pas venue à l’esprit). Ensuite, je serai tout seul, mais très accueillant, et donc vous venez quand vous voulez, si vous êtes dans le coin ! Si vous venez m’aider, tant mieux, et je vous offrirai tous vos repas et boissons (mais je peux difficilement me permettre de vous loger – je vous indiquerai évidemment les chambres disponibles dans le coin). Si vous venez pour voir, tant mieux aussi : j’en profiterai pour faire une pause et on ira boire un canon au bar du village.

Je dormirai dans la maison, à l’arrache (ma première véritable mission après avoir rendu les clés de la chambre louée pour Claire et moi la première semaine sera d’aller choper un petit lit simple et le linge afférent, un petit bureau et une chaise pas trop raide dans une recyclerie locale). Je passerai prendre une douche hebdomadaire le week-end chez Areski dans le Minervois, s’il le veut bien, et ce sera l’occasion de passer du bon temps (figurez-vous que nos deux anniversaires sont inclus dans ces cinq semaines). S’il n’est pas là, ce sera alors une nuit d’hôtel le samedi. Bref, comme toujours, je vais pas mal improviser.

Le moins qu’on puisse dire,
c’est que les sertisseuses
existent dans tous les prix…

Seule certitude : les dates de cette longue session sur place sont fixées, je serai donc dans mon chouette village des Corbières du 13 mars au 16 avril included. Pendant ces cinq semaines, je vais : faire tomber tout le bacula, continuer – et terminer – l’abattage de la cloison séparant le couloir de la cuisine et, surtout, passer à la première phase de construction/rénovation : tirer toute la plomberie au rez-de-chaussée et installer une nourrice au 1er étage et au 2e, ce qui me permettra de n’avoir plus qu’à repartir de là quand je ferai la plomberie des étages. Improviser, oui, mais sur une base assez claire quand même. (Je ferai la même chose avec l’électricité, qui sera sans doute le chantier suivant : il y aura un tableau secondaire par étage et je n’aurai plus qu’à tirer les câbles à partir de ces tableaux pour alimenter les chambres et salles d’eau.)

Si j’avais 25 ans, aucun surpoids et une motivation de cocaïnomane con comme un balai et par conséquent béatement optimiste, j’ajouterais à ce programme déjà copieux le tirage de tous les câbles électriques et la chape de la salle de bain, mais je me connais : je vais me niquer le dos et les genoux (et dans l’idéal perdre du poids) et pas mal galérer avec tous les gestes à apprendre en faisant (mon nouveau leitmotiv, validé par les pros du pot).

Mais si je rentre mi-avril en ayant rempli ma mission, je pourrai célébrer les 70 ans de mon daron le week-end du 1er mai l’esprit en paix (et frimer un max en montrant les photos et vidéos à mes oncle et tante pros du pot).

En vous remerciant,

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